C’est dingue de constater la prolifération à Verviers et dans la région des réseaux de trafic de cocaïne. Ce qui implique aussi un nombre incalculable de consommateurs touchés par ce fléau. Et si on les sanctionnait eux aussi ?
C’est à nouveau un réseau impliquant 7 personnes et au chiffre d’affaires estimé par la police jusqu’au montant hallucinant de 840.000 euros, qui vient d’être démantelé et traduit en justice, avec une lourde condamnation pour le chef du réseau, et d’énormes conséquences financières.
Un certain Max
Tout commence en septembre 2025, lorsque la police observe un manège suspect au parc Fabiola, rue Xhavée à Verviers, donc en plein centre. Un homme tente de s’échapper à l’intervention policière, et balance un sachet dans un buisson. Celui-ci contient pas moins de 62 billes de cocaïne !
Mais ce qui sera précieux pour les forces de l’ordre, c’est l’examen de son GSM qui révèle de nombreux contacts typiques du trafic de stupéfiants, et notamment celui où il se vante de gagner 7.000 euros par mois ! Il avoue « travailler » pour le compte d’un certain Max.
Un autre revendeur, identifié grâce à ces messages, racontera une histoire rocambolesque. Il aurait été braqué au Burger King de Verviers par une bande de Tchétchènes qui lui auraient subtilisé les 5.000 euros qu’il avait sur lui. D’où une dette vis-à-vis de Max, qui l’aurait obligé à travailler pour lui gratuitement pour l’éponger. Un Max dont il est souvent question dans ces messages.
Un « Max » aux 14 condamnations
Finalement, les policiers arrivent à soupçonner ce Max comme étant un certain Logan, 25 ans, un individu bien connu de la justice puisqu’il comptait à ce jour 14 condamnations, dont deux pour stupéfiants ! Il est arrêté en France en novembre, où il tombe des nues, prétendant vivre en Espagne où il travaille en noir dans la récolte des fruits et la nuit dans un bar. Il nie faire partie d’un réseau, le nom de Max ne lui disant rien. Et qu’il était parti justement pour s’éloigner du milieu verviétois des stupéfiants
Séquestré en Espagne pour une dette de 20.000 €
Cela ne l’a pas empêché d’être cité, toujours détenu, devant le tribunal correctionnel, en compagnie de six de ses comparses, lors d’audiences longues et compliquées. Mais où Logan avait changé de version : il reconnaît être le Max dont le nom était attribué au réseau. Et de raconter lui aussi une histoire assez rocambolesque : il avait une dette de 20.000 euros vis-à-vis des Hollandais, qui l’avaient retrouvé en Espagne et menacé lui et sa famille s’il ne l’épongeait pas en travaillant gratuitement pour eux. Ce qu’il aurait fait en cinq mois à peine !
De très lourdes amendes
Pas vraiment convaincu, le ministère public avait réclamé 4 ans de prison ferme pour Logan, et diverses autres peines pour ses comparses.
Le tribunal a suivi ces réquisitions, estimant que Logan était le créateur et donc chef d’un réseau criminel, à qui il donnait ses instructions et maintenait son emprise sur ces gens recrutés parmi ses anciennes connaissances, en faisant parfois preuve de menaces, y compris sur un mineur d’âge. Il inflige à Logan une peine de 40 mois de prison ferme, et une amende de 24.000 euros, et à ses complices une peine de 30 mois et 16.000 euros d’amende et de 2 ans et 12.000 euros d’amende, chaque fois avec sursis pour les principaux d’entre eux.
A ceci, il faudrait ajouter le montant total des confiscations, flirtant avec les 110.000 euros, une somme bien sûr plus que théorique !
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