Deux jours après le tir mortel à Eupen, les zones d’ombre restent nombreuses. Le parquet affirme que la victime avait un couteau en main. Son épouse et son avocate contestent cette version.
C’est la question centrale de l’enquête : que s’est-il passé dans les secondes qui ont précédé les tirs policiers ?
Dimanche soir, une dispute entre enfants avait dégénéré entre adultes dans le parc Scheibler. Selon le parquet, l’homme de 42 ans avait sorti un couteau et blessé une personne à la main. Les policiers avaient d’abord utilisé du spray au poivre, avant de tirer à deux reprises. L’homme était décédé sur place.
Une version contestée par l’épouse
Mais son épouse conteste cette version. Son avocate met en cause les circonstances de l’intervention policière. « La famille ne comprend absolument pas. Il est tabassé puis la police arrive. Ma cliente dit qu’elle n’a pas vu de couteau. Et monsieur est abattu par la police », explique Hayat Karim, avocate de l’épouse du défunt.
Pour Me Hayat Karim, la question est notamment de savoir si l’usage de l’arme à feu était justifié. « Pour que la police fasse usage de la force, il faut d’abord que ce soit proportionnel, que ce soit nécessaire, qu’il y ait un but légitime comme le maintien de l’ordre l’exige. Mais la question qui se pose est de savoir si c’était proportionnel d’utiliser une arme à feu dans un parc ! On a quand même abattu un père de famille devant quatre enfants ! Ils ont vu monsieur mourir devant leurs yeux. Concernant la nécessité d’utiliser une arme à feu, n’y avait-il aucun autre moyen pour mettre fin à cette altercation ? C’est la question qui se pose », poursuit Hayat Karim.
L’épouse affirme également qu’aucune sommation n’aurait été donnée avant les tirs. Un élément qui devra être vérifié par l’enquête.
Deux enquêtes en parallèle
Deux enquêtes sont menées en parallèle : le Comité P examine l’intervention policière et l’usage de l’arme à feu ; la police judiciaire fédérale enquête sur la bagarre et l’agression au couteau.
En attendant les conclusions, la Ville d’Eupen appelle au calme et à la retenue. Elle demande d’éviter les spéculations et a prévu un accompagnement psychologique, notamment pour les enfants qui ont été témoins du drame.
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