À Dison, la commune a pris la décision, sur demande de l'asbl Terre, de retirer toutes les bulles à vêtements de l'asbl dans les lieux publics afin de contrer les nombreux dépôts sauvages. Une décision qui inquiète Verviers, voisine de Dison.
Sur la commune de Dison, les bulles à verres sont toujours là, mais les bulles à vêtements de Terre, elles, ont disparu. Marcel Renard, l'échevin de l'Environnement et de la Propreté publique de Dison, va droit au but. "Il y a trop d'incivilités, donc Terre nous a demandé de pouvoir retirer leurs bulles pendant deux mois". Mais quand on lui demande s'il pense que les incivilités vont diminuer avec cette décision, Marcel Renard est catégorique. "Non, hélas. Il y a trop d'incivilités et c'est dommage que les riverains, le public, l'entièreté des habitants ne comprennent pas que la propreté publique concerne leur propre bien aussi".
Une solution supracommunale ?
Ce retrait des bulles Terre de la commune de Dison inquiète la Ville de Verviers qui craint que les dépôts clandestins qu'il y avait autour de ces bulles n'arrivent sur le territoire verviétois. L'échevin de l'Environnement et de la Propreté publique et de la Gestion des Déchets de Verviers, Jean-François Chefneux, regrette aussi que cette problématique soit gérée au cas par cas, commune par commune. "Voilà des mois que je discute avec Terre pour expliquer la problématique et que l'asbl me répond qu'elle ne sait pas faire grand-chose d'autre que de maintenir ses bulles. Je constate qu'ils ont manifestement dit autre chose à Dison. Deuxièmement, cela fait des mois aussi que je plaide pour que cet enjeu soit traité de manière supracommunale. On ne peut pas traiter cette obligation communale de collecte de textiles en ne réfléchissant que sur son petit morceau de terrain communal. Les effets d'évitement vont évidemment se répercuter sur les autres communes".
2,8 millions d'euros de perte
Du côté de Terre, le but de ce retrait temporaire à Dison est d'assainir la collecte. En 2025, l'asbl dit avoir perdu 2,8 millions d'euros, dont la moitié à cause de la collecte de poubelles présentes autour de ses bulles à vêtements. Le problème est donc profond et résulte avant tout de l'incivilité de certains qui polluent les bulles en y déversant leurs crasses, y compris certaines associations. De quoi peut-être revoir le modèle de collecte. "Je ne crois plus trop à la collecte par bulles dans les rues à l'heure actuelle", avoue le directeur de l'asbl, Christian Dessart. "Je crois plutôt en un placement de bulles, non plus avec une surveillance sociale comme à l'époque, mais avec une barrière qui est fermée à 16, 17 ou 18h maximum, pour que la bulle ne soit plus accessible la nuit. Car aujourd'hui, la problématique, pour tout le monde, c'est la nuit".
Je ne crois plus trop à la collecte par bulles dans les rues à l'heure actuelle
C'est notamment pour cela, et aussi pour compenser son retrait de bulles dans certaines communes, que l'asbl a renforcé son nombre de bulles dans les parcs à conteneurs gérés par Intradel. Terre se dit également prête à entendre toute proposition de solution plus pérenne.
De son côté, Jean-François Chefneux a confié ne pas vouloir renvoyer la convention reconduite avec Terre tant qu'une vraie solution n'aura pas été trouvée.
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