Comme d'autres communes, Theux met en place des restrictions pour faire face à la sécheresse. Parmi celles-ci figurent l'interdiction d'arroser des pistes équestres. Une mesure qui peut impacter pratique de la discipline.
À partir de ce mardi à minuit, il ne sera plus possible d’arroser les pistes équestres à Theux. Une mesure qui peut constituer une véritable contrainte pour les centres équestres. Car une piste trop sèche n'offre plus les conditions nécessaires à une pratique confortable et sûre de l'équitation.
Le paradoxe est que ces pistes ont précisément été conçues pour évacuer l'eau lorsqu'il pleut.
Des pistes aménagées pour évacuer l'eau
« Lorsqu'il pleut, des pistes qui ne sont pas bien drainées ont de grandes flaques d'eau », explique Martine Beuken, propriétaire et présidente de l'ASBL Cercle équestre du Jonckeu. Et ces flaques peuvent rapidement détériorer le sol.
« Quand les chevaux galopent dans une flaque, le sol s'affaiblit, il finit par avoir des trous. Donc, au niveau du confort du cheval et des performances sportives, c'est vraiment très embêtant. »
Les pistes sont donc aménagées pour permettre à l'eau de s'évacuer. Mais lorsque la pluie disparaît et que les températures augmentent, il faut normalement les arroser pour conserver un sol suffisamment souple. « Quand il ne pleut pas et que les pistes sèchent, on doit les arroser. C'est un non-sens : on arrose des pistes qui sont conçues pour évacuer l'eau. Donc l'eau qu'on apporte s'en va immédiatement. On doit arroser, arroser, arroser et encore arroser. »
Une piste innovante au Jonckeu: on ne doit pas l'arroser
Le Cercle équestre du Jonckeu dispose toutefois d'un atout assez rare dans la région : une piste conçue pour limiter fortement sa consommation d'eau. Construite il y a cinq ans sur une bâche étanche et composée d'une large couche de sable de mer puis de sable équestre, cette piste fonctionne selon un principe différent.
« Cette piste a été immergée quand elle a été construite et elle rend l'eau par capillarité, donc en faible quantité », explique Martine Beuken. « On n'a pas d'évaporation puisque on n'amène pas de l'eau par l'extérieur. C'est l'eau qui monte. Donc ça s'évapore très, très peu et ça consomme 80 % de moins qu'une piste normale. » Un système particulièrement précieux alors que la ressource en eau se raréfie.
L'eau de pluie récupérée dans les citernes
Pour réduire encore sa consommation, le centre équestre a également investi dans la récupération de l'eau de pluie. « On a énormément de citernes. On a investi dans la récupération puisqu'on a beaucoup de toitures », détaille Martine Beuken. Les importantes surfaces des écuries et de la piste couverte permettent de récupérer de grandes quantités d'eau lors des épisodes orageux.
« Ça nous apporte des dizaines et des dizaines et des dizaines de mètres cubes qui, après, sont repris au compte-gouttes par la piste. »
Une gestion de l'eau qui permet donc au centre de disposer d'une certaine autonomie et de maintenir une piste praticable malgré les restrictions.
Des pistes classiques devenues difficiles à pratiquer
Toutes les installations ne disposent cependant pas de ce type d'équipement. À l'intérieur du centre, les pistes de conception classique ne sont plus arrosées. Elles ne sont presque pas utilisées. À mesure que le sable sèche, la poussière devient importante et rend la pratique inconfortable. Avec plus d'épaisseur de sable sur une piste non-arrosée, il devient même impossible de monter.
« Les chevaux peuvent avoir des tendinites parce que leurs articulations vont s'enfoncer dans le sol », souligne Martine Beuken. « C'est un peu comme si vous alliez marcher dans les dunes à la mer du Nord, ou marcher sur la plage là où l'eau vient de se retirer. Le sol est totalement différent. »
"Je n'ai jamais vu ça"
Ornella Rietjens, monitrice équestre spécialisée en dressage, n'avais jamais vu ça: « Les pistes de la région, et je pense un peu partout en Belgique et ailleurs, sont très sèches et, du coup, ça devient profond. On doit adapter les leçons, on doit trouver des systèmes, même par rapport aux chaleurs".
Des conséquences qui dépassent les seules pistes
Au Cercle équestre du Jonckeu, une centaine de chevaux sont hébergés. La sécheresse oblige également à adapter leur prise en charge.
Il faut continuer à les nourrir en foin, comme en hiver, mais aussi les rafraîchir au maximum. Les chevaux sont notamment davantage sortis la nuit, lorsque les températures sont plus clémentes. Les soins apportés à leurs pieds, très secs, doivent également être renforcés.
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