Quai des Religieuses, à Limbourg. Au premier regard, rien ne laisse deviner le drame qui s'est joué ici il y a cinq ans. Pourtant, les 14 et 15 juillet 2021, la Vesdre est sortie de son lit, engloutissant tout sur son passage.
La maison de Christophe n'a pas été épargnée : les caves et le rez-de-chaussée ont été submergés. Sa famille et lui ont eu le temps de fuir. Mais cinq ans plus tard, les blessures, elles, restent bien présentes. "C’est une peine indescriptible. C’est quelque chose d’inimaginable. Pourquoi nous ? Pourquoi est-ce arrivé ?", se souvient Christophe Dejardin, sinistré des inondations.
C’est une peine indescriptible. C’est quelque chose d’inimaginable. Pourquoi nous ? Pourquoi est-ce arrivé ?
Malgré tout, quitter cette maison n'a jamais été une option. À quelques mètres seulement de la Vesdre, Christophe et son épouse ont choisi de rester. Même pendant les dix-huit mois de travaux, ils n'ont jamais abandonné leur foyer. "C’est un choix. Pas une question d’argent. C’est ma maison, je ne voulais pas partir du tout. Je voulais reconstruire différemment. La maison était magnifique avant. J’aurais voulu la garder telle quelle, mais, suite aux inondations, on a voulu modifier la maison et tourner la page. Durant les travaux, nous sommes allés vivre à l’étage, dans une petite chambre qui faisait office de salon et de cuisine. On a mordu sur notre chique. On a vécu comme il y a cent ans, sans eau ni gaz. On a fait avec les moyens du bord. Il faut garder le sourire, être positif. Ça ne sert à rien d’être négatif. On est vivants, tout simplement".
Voir le positif
Leur moteur depuis cinq ans ? Le sourire, une bonne dose d'optimisme et beaucoup de recul. Une manière d'avancer malgré tout. Mais malgré toute leur bonne volonté, certains moments restent plus difficiles que d’autres. "La crainte, c’est la pluie. Quand on annonce plusieurs jours de pluie consécutifs, c’est une crainte, oui".
Lorsqu'on demande à Christophe ce qu'il retient de ces cinq dernières années, un mot s'impose immédiatement : la solidarité. Celle de la famille, des voisins, des bénévoles, parfois même de parfaits inconnus. C'est grâce à cet élan collectif que, pierre après pierre, les maisons ont été rénovées, les rues ont retrouvé vie et la commune s'est relevée. Les 14 et 15 juillet 2021, les eaux ont tout emporté. Tout, sauf le sourire de Christophe.
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