Il y a trois semaines, l’un des plus importants incendies que les Fagnes aient connus se déclarait. Les flammes ont ravagé près de 3400 hectares. Le point sur la situation ce vendredi avec Nicolas Yernaux, porte-parole du Service Public de Wallonie.
"Ce vendredi, on le voit - précise Nicolas Yernaux, porte-parole du SPW - il y a beaucoup de vent et, automatiquement, il y a des fumerolles qui rejaillissent du sol et qui sont autant de signes que le feu est toujours bien dans le sol. On a fait des points de sondage à divers endroits encore ce matin. On a parfois encore 70, 80 °C dans le sol. On annonce des 27 °C ce week-end et du vent. Donc, en termes de maîtrise du feu, on n’y est pas encore, mais ce n’est pas une surprise. Avec de la tourbe sur parfois plusieurs centimètres, et bien évidemment, le feu, il est dans le sol et, il brûle et consume la tourbe et ce même si le milieu est pauvre en oxygène. Donc voilà, le feu est là et il peut rejaillir à n’importe quel moment. Ça reste vraiment un travail de longue haleine."
Journaliste : Trois semaines après le début de l'incendie, combien reste-t-il de personnes mobilisées sur cet incendie ?
Nicolas Yernaux : "Eh bien, on est toujours grosso modo à 80 personnes mobilisées, que ce soient les pompiers, la protection civile, le DNF, les militaires. Donc oui, c'est encore énormément de moyens et ça risque encore effectivement de se prolonger dans le temps. On est sans doute partis au minimum jusqu'à la fin de l’automne. Après, il y a évidemment tout le travail de restauration qui nous attend et qui va nous occuper pendant de très longues années."
Journaliste : Pour l’heure l'accès aux fagnes reste interdit. On le voit, les Fagnes reverdissent. Dès lors, on pourrait croire que tout est terminé et que cela est sans danger mais ce n’est pas le cas,
Nicolas Yernaux : Exacte, plus que jamais il ne faut pas venir ici. Il y a des reprises en permanence, donc ça reste effectivement très dangereux. Oui, certes, ça reverdit, mais c'est totalement contre-intuitif. En fait, la molinie est une graminée qui, par définition, a horreur du vide. Ici, on est à peine trois semaines après le feu et on a déjà des pousses de plusieurs dizaines de centimètres. C'est assez impressionnant, mais ce n'est pas un bon marqueur, en tout cas en termes de biodiversité. C'est une espèce qui est très envahissante et qui laisse peu de place aux autres. Ça montre tout le travail qui nous attend.
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