Chaque 21 juillet, le Te Deum ouvre les célébrations de la fête nationale. À Verviers comme ailleurs, cette tradition rappelle la naissance de la Belgique et est, au fil du temps, devenue un symbole de rassemblement au-delà de sa dimension religieuse.
Comme chaque 21 juillet,Te Deum, défilés militaires, manifestations officielles et autres réjouissances populaires se déroulent aux quatre coins du pays. Cette grande journée de fête nationale commémore un épisode fondateur de l'histoire belge : la prestation de serment de Léopold Ier, le 21 juillet 1831, qui marque la naissance officielle du Royaume de Belgique.
À la suite de la révolution belge de 1830, il y a eu une révolution contre le pouvoir hollandais de l'époque. Des combats ont éclaté à Bruxelles contre l'armée hollandaise, puis un Congrès national a été mis en place. C'est lui qui a décidé de choisir un roi, une Constitution, et qui a porté son choix sur Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha comme souverain du nouvel État, rappelle Jean-Françoise Potelle, responsable du protocole.
Le choix d'une monarchie constitutionnelle ne doit rien au hasard comme le confirme le Chef du protocole
C'était la formule qui semblait la mieux convenir à la situation de l'État. Elle permettait aussi d'obtenir le soutien de l'Église. Il fallait que le monde catholique et le monde libéral trouvent un terrain d'entente.
Si le 21 juillet symbolise aujourd'hui la naissance de la Belgique, cette date ne deviendra officiellement la fête nationale qu'en 1890, près de soixante ans après les événements.
Le Te Deum, une prière vieille de plusieurs siècles
À Verviers, comme ailleurs, les célébrations débutent par le traditionnel Te Deum. Cette cérémonie religieuse tire son nom d'un ancien chant grégorien, pièce maîtresse de l'office.
C'est un chant de louange destiné à louer Dieu et la création. C'est un texte assez long où tous les aspects de la foi sont évoqués, toujours dans un esprit de louange, explique Jean-Michel Allepaerts, chef des Chœurs "Maîtrise de Verviers".
Si les paroles sont immuables depuis des siècles, la musique, elle, a évolué selon les régions.
Les paroles ne changent pas, pas même une virgule. En revanche, la mélodie connaît des variantes locales. À Verviers, nous interprétons traditionnellement, depuis le XIXe siècle, la version liégeoise. Elle n'est sans doute pas issue d'une manière propre de composer à Liège, mais elle est plutôt le résultat de petites modifications apportées au fil des siècles à un chant qui existe depuis plus de mille ans.
Un moment de rassemblement au-delà des convictions religieuses
Longtemps perçu comme une cérémonie essentiellement catholique, le Te Deum a progressivement pris une dimension plus large.
Depuis plusieurs années, on voit bien que cela n'a plus uniquement cette connotation religieuse. La religion reste présente, mais il y a aussi une véritable ouverture vers les autres cultes présents en Belgique. À Verviers, les différents cultes participent à l'organisation de la cérémonie. Ce qui compte aujourd'hui, c'est la notion de rassemblement, plus que la dimension de prière. C'est un moment qui réunit les différentes composantes de la Belgique autour du souvenir de la création de l'État, souligne Jean-Françoise Potelle.
À Verviers comme dans d’autres villes, le 21 juillet est aussi l’occasion de se souvenir et de rendre hommage aux soldats tombés lors des deux guerres mondiales. Une halte au monument de la Victoire érigé en 1923 est inscrite au programme de cette journée pas tout à fait comme les autres, dédiée à la solidarité et à la richesse de la diversité, valeurs ô combien essentielles qu'il n'est pas inutile de rappeler par les temps qui courent…
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