Cinq ans après les inondations dévastatrices de 2021, quelles traces ont-elles laissées chez les sinistrés ? Comment se reconstruire après un tel traumatisme ?
Pour comprendre les séquelles psychologiques de cette catastrophe, nous avons rencontré Marc Elsen, psychologue de première ligne. Il est intervenu dès les premiers jours sur le terrain, principalement dans le quartier de Prés-Javais. "Je crois qu’ils avaient d’abord et avant tout besoin d’une forme de présence. Ce qui s’échangeait souvent, c’est ce sentiment d’être isolés du monde, de ne vivre ce traumatisme qu’en étant repliés sur eux-mêmes. Il y avait aussi le sentiment de ne pas intéresser grand monde en dehors de ce qu’ils vivaient. Un traumatisme comme celui-là est violent, il bouleverse tous les ancrages de vie, tous nos points de repère. Je crois qu’à un moment donné, quand on ne va vraiment pas bien, les personnes ont besoin de se sentir comprises, c’est ce qu’on appelle un peu l’empathie. On avait besoin de vivre le quotidien des personnes", Marc Elsen, psychologue.
Un traumatisme comme celui-là est violent, il bouleverse tous les ancrages de vie, tous nos points de repère.
Malgré le soutien psychologique mis en place dans l’urgence, certaines victimes ont nécessité un accompagnement plus approfondi, parfois pendant plusieurs années, afin de surmonter les conséquences de ce drame. "Vous savez, la réflexion que beaucoup peuvent avoir en croyant bien faire, c’est de dire : "Oubliez, laissez ça derrière vous." Mais ce n’est pas comme ça que ça se passe. Un traumatisme, il faut le désinvestir, faire le deuil de la vie d’avant. Il y a toute une reconstruction personnelle".
Plus aucun patient sinistré
Aujourd'hui, Marc Elsen ne suit plus aucun sinistré des inondations. Un constat qu'il considère comme une excellente nouvelle, signe que la plupart des personnes accompagnées ont pu retrouver un certain équilibre. "C’est surtout une bonne chose pour eux. Un petit peu pour nous aussi, car on a le sentiment d’avoir été utiles, c’est quand même important dans ce métier. Le besoin a diminué au fil du temps et, heureusement, d’abord pour les personnes, mais aussi pour l’efficacité du travail. On a un métier particulier où l’on doit amener les personnes à se passer de nous. Il faut les aider à trouver de nouveaux repères".
Pour autant, les blessures ne sont pas totalement refermées. Chez certains, le bruit de la pluie ou l’annonce de fortes précipitations ravivent encore l’angoisse. Des réactions compréhensibles après un tel événement, qui, avec le temps, devraient continuer à s’atténuer.
Sur le même sujet
Recommandations
Sécheresse: nos rivières au plus bas, nos barrages épargnés
Plombières: le Bempt change de visage pour mieux retenir les eaux
Pepinster rend hommage aux victimes des inondations de 2021 et regarde vers l’avenir
Cinq ans après les inondations, Eupen se rassemble et célèbre une solidarité intacte
Inondations : des commémorations en présence du gouvernement wallon
Verviers : l’ancien Royal Décor ouvre son parking avant sa grande transformation
Cinq ans après les inondations, la station d’épuration de Wegnez toujours en sursis
La nouvelle école d'Ensival ouvrira en novembre