Un mois après l’incendie qui a ravagé plus de 3.300 hectares dans les Hautes Fagnes, le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin s’est rendu sur place. L’heure est désormais au bilan et aux premiers enseignements.
Il y a un mois, le 14 août dernier, les Hautes Fagnes étaient ravagées par un incendie d’une ampleur exceptionnelle. Plus de 3.300 hectares sont partis en fumée, faisant de ce feu l’un des plus importants jamais enregistrés dans notre pays. Ce lundi, le ministre fédéral de l’Intérieur et de la Sécurité, Bernard Quintin, est venu sur place, aux côtés des pompiers, du Département de la Nature et des Forêts (DNF), de la Protection civile et des différents intervenants. « C’est très important de pouvoir faire le tour des lieux et de prendre une nouvelle fois la mesure de l’ampleur des dégâts, mais aussi de voir ce qui est déjà en train de repousser et les mesures qui sont encore mises en œuvre. Car si le feu est maîtrisé, il n’est pas encore éteint. On sait que cela prendra encore des semaines et des mois », explique Bernard Quintin.
Tirer les enseignements de la crise
Le feu est désormais maîtrisé, mais pas encore totalement éteint. La situation de crise reste donc d’actualité. Plusieurs semaines de surveillance, voire plusieurs mois, seront encore nécessaires pour venir définitivement à bout des foyers résiduels. Après l’urgence vient désormais le temps du bilan : tirer les enseignements de cette gestion de crise et identifier ce qui devra être amélioré à l’avenir. « Il me paraît assez évident qu’il y a des éléments d’amélioration à prendre en compte. Il faut d’abord souligner ce qui a fonctionné, je pense que c’est très important. Mais en termes de préparation, j’ai déjà identifié quelques éléments concernant l’accès aux images et la capacité de coordination des différentes zones de secours. Ces éléments doivent pouvoir être mis sur la table », poursuit le ministre.
La question des moyens aériens fait également partie des sujets qui devront être évalués.
« On sait qu’il y a des questions qui se posent concernant les moyens aériens. Les hélicoptères de la police fédérale disposent de Bambi Buckets de 800 litres. Est-ce suffisant en attendant les autres moyens aériens auxquels nous pouvons faire appel via la solidarité européenne, ou faut-il augmenter nos capacités ? Je suis très ouvert à cette discussion. Il faut vraiment aller au fond de cette évaluation pour être certains de disposer de tous les moyens dont nous avons besoin, de la manière la plus efficace et efficiente possible, pour faire face à une prochaine crise », ajoute Bernard Quintin.
Le dispositif s’allège sur le terrain
Sur le terrain, le dispositif des services de secours s’adapte à l’évolution de la situation. Depuis plusieurs nuits, les pompiers ne sont plus mobilisés en permanence sur place. Ils peuvent toutefois être rappelés par le Département de la Nature et des Forêts en cas de reprise de feu.
Désormais, pompiers et agents du DNF assurent des rondes de surveillance. Un dispositif allégé, mais qui reste prêt à être renforcé à la moindre alerte.
« Il fallait effectivement s’assurer que la diminution des moyens puisse se faire de manière correcte et ne pas devoir réenclencher tout le dispositif. Le personnel présent depuis le début s’est vraiment montré disponible et très efficace », précise Quentin Grégoire, commandant de la Zone de secours Vesdre-Hoëgne & Plateau.
Cette mobilisation s’est ajoutée aux autres interventions auxquelles les pompiers ont dû faire face ces dernières semaines. « On a vécu pas mal d’interventions : la canicule, des tempêtes pendant l’incendie dans les Fagnes… Et en plus du feu, il y avait tout le quotidien. Pour les volontaires, il faut aussi reprendre leur travail principal. Le travail actuellement réalisé est vraiment difficile : il consiste à aller près de la tourbe, et dans la tourbe, pour noyer les foyers. Le personnel est donc effectivement fatigué », poursuit Quentin Grégoire.
Le périmètre reste strictement interdit
La prudence reste toutefois de mise. Le périmètre incendié demeure strictement interdit au public. L’arrêt et le stationnement restent également interdits aux abords de la zone afin de garantir un accès rapide aux services de secours en cas de reprise. Les parkings de l’Eau Noire et du Drossard restent eux aussi fermés. Une nouvelle évaluation de la situation est prévue à la mi-semaine.
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