L'origine humaine de l'incendie des Hautes Fagnes vient d'être confirmée. Le sinistre pourrait être liée à des activités ayant eu lieu à proximité, au moyen d’un engin agricole. Ce mardi, des experts français en feux de forêts étaient sur place.
Vendredi 14 août, vers 13h, le feu vient de démarrer dans les Hautes Fagnes. Depuis, plus de 3000 hectares ravagés par l'incendie. Reste une question centrale : qu'est-ce qui l'a provoqué ? Plusieurs sources anonymes évoquent un fauchage qui aurait été réalisé dans le secteur avant la catastrophe. Le parquet du procureur du Roi vient de confirmer qu'un engin agricole est dans le viseur. Dans un communiqué de presse, il indique que l'origine du sinistre pourrait être « liée à des activités ayant eu lieu à proximité du lieu de départ du feu, au moyen d’un engin agricole ».
A ce stade, le Département de la Nature et des Forêts de Malmedy, en charge du territoire, et le Service Public de Wallonie refusent tout commentaire.
L'hypothèse doit encore faire l'objet de vérifications approfondies.
Ce mardi matin, des spécialistes français en recherche des causes et circonstances d'incendie, étaient justement à pied d'oeuvre sur le plateau fagnard. Une expertise particulièrement précieuse : la Belgique ne dispose pas encore de structure spécialisée dans l'analyse des incendies en milieu naturel.
« Arriver à identifier le point d'éclosion »
Première mission : retrouver l'endroit précis où le feu a pris naissance. « Le feu laisse toujours des traces et des marques très visibles sur le terrain, sur l'avancée du feu, sur les flancs du feu et sur le feu qui va à recul », explique David Roussel, spécialiste de la défense des forêts contre les incendies à l'Office national français des forêts.« Notre travail, c'est vraiment d'arriver à identifier ces zones et après de recentrer petit à petit pour arriver à un point potentiel d'éclosion », précise-t-il.
La tourbe, un terrain complexe
« On a pu lire un certain nombre de traces, mais le temps joue en notre défaveur », souligne Patrice Tissot, lieutenant-colonel chez les sapeurs-pompiers français et expert en recherche des circonstances et causes des feux de forêt.
«Cette partie tourbeuse qui brûle elle-même, détruit au fur et à mesure les traces. Ça a été assez difficile de retrouver le lieu exact à quelques mètres carrés. »
Les spécialistes ont néanmoins réussi à délimiter une zone suffisamment précise pour permettre aux enquêteurs de rechercher des indices plus spécifiques.
Reconstituer « l'arbre des causes »
L'équipe française intervient avec une méthode précise : établir progressivement un « arbre des causes». « On va travailler par élimination et puis il va rester parfois trois ou quatre possibilités. Après, c'est le travail des enquêteurs de faire la suite », explique David Roussel.
Plusieurs mois avant les conclusions
L'enquête est loin d'être terminée. Compte tenu des nombreuses investigations techniques encore nécessaires, plusieurs mois pourraient être nécessaires avant de connaître ses conclusions, indique le parquet.
A noter que, compte tenu du risque d'incendie, au moment des faits, le gouverneur de la Province de Liège avait interdit l'utilisation des désherbeurs thermiques et le brûlage des déchets verts mais pas le fauchage mécanique.
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