Ce mercredi à Eupen, GAIA a présenté sa campagne « La Collection de malade » pour sensibiliser aux souffrances des animaux hypertypés. Une expérience immersive permet de découvrir le quotidien de chiens et chats dont l'apparence a été poussée à l'extrême.
Museau écrasé, dos très incliné, yeux proéminents ou oreilles repliées… Au fil des années, certaines caractéristiques physiques recherchées pour leur côté « mignon » ou original sont devenues de véritables handicaps pour les animaux. Les bouledogues français, les carlins, les chats persans, les bergers allemands ou encore les scottish fold figurent parmi les races concernées. Difficultés respiratoires, problèmes oculaires, douleurs articulaires : ces animaux peuvent vivre toute leur existence avec des problèmes liés directement à leur morphologie.
Selon une enquête réalisée en mai 2026 à la demande de GAIA, près d’un propriétaire sur quatre d’un chien ou d’un chat appartenant à une race hypertypée indique que son animal a déjà dû recevoir des soins vétérinaires, suivre un traitement ou subir une intervention en raison de caractéristiques physiques liées à sa race.
Une immersion pour comprendre leur quotidien
Pour faire prendre conscience de cette réalité, GAIA a transformé son dispositif mobile en véritable espace d’expérience. Les visiteurs peuvent notamment enfiler un casque de réalité virtuelle reproduisant les troubles de la vision d’un chat persan ou porter un masque qui simule les difficultés respiratoires d’un bouledogue français. Une manière de ressentir, durant quelques instants, les contraintes auxquelles certains animaux sont confrontés au quotidien. "L’idée est vraiment de montrer aux gens ce que les animaux ressentent réellement, de leur faire vivre l’expérience de l’intérieur", explique Sébastien de Jonge, directeur des opérations chez GAIA. Une expérience qui ne laisse pas indifférent. Beaucoup de visiteurs découvrent qu’un physique jugé attendrissant peut en réalité cacher une souffrance permanente.
GAIA réclame un encadrement plus strict
À travers cette tournée d’été qui passe par douze villes belges, GAIA veut également faire pression pour une meilleure réglementation de l’élevage. L’association demande notamment d’interdire la reproduction d’animaux présentant des caractéristiques responsables de souffrances.
Selon son enquête, une large majorité des personnes interrogées souhaite que la santé des animaux passe avant les critères esthétiques : 89 % sont favorables à une limitation de la reproduction lorsque le bien-être animal est en jeu.
Alors que des pays comme les Pays-Bas, la Norvège ou l’Allemagne ont déjà pris des mesures, GAIA estime que la Belgique accuse un retard dans ce domaine. En Wallonie, une réforme du Code du bien-être animal est annoncée, mais les contours précis des futures mesures restent encore à définir.
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