À Spa, le dossier du Manoir de Lébioles refait surface. Après un premier refus des autorités communales, un nouveau projet d’extension est aujourd’hui soumis à enquête publique. A Creppe, la démarche suscite toujours une vive opposition.
Il y a tout juste un an, l'entrepreneur malmédien, Gilbert Lodomez, fait l'acquisition du Manoir de Lébioles. Un joyau du patrimoine spadois qu'il souhaite rénover et aussi agrandir. Un premier projet est déposé et refusé par la Ville de Spa au grand soulagement des riverains de Creppe. Sauf qu'aujourd'hui une nouvelle enquête publique est en cours. Les habitants sont toujours aussi inquiets. « On a été surpris qu'il revienne avec un projet extrêmement similaire en terme de volume et d'occupation au sol, ça c'était surprenant parce que pour nous, on n'a pas tenu compte de nos objections dans le premier projet» explique Jean-Marc Tahir, Représentant du collectif citoyen de protection du Manoir de Lébioles
Un projet, jugé démesuré par les Creppelains. « Ici, on parle plutôt d'un nouvel hôtel. 22 chambres supplémentaires, 96 places dans un nouveau restaurant, 11 cabines de massage avec 15 lits de massage, les thermes, la piscine, on est sur un nouvel hôtel autonome. Ça vaut dire avec les rotations et le va et vient que ça va engendrer, ça va perturber la tranquillité du village de Creppe. »
Cette extension est aussi située en zone forestière. Pour le collectif de défense du Manoir, accepter qu'on puisse y construire créerait un dangereux précédent. « Imaginons que le projet soit accordé, qu'est-ce qui l'empêcherait de faire une deuxième extension, identique dans 5 ans ? s'interroge le collectif. Je pense qu'il y a un plan de secteur qui a été réfléchi par pas mal de gens il est là, il est stable et une dérogation doit être justifiée par un besoin exceptionnel et ici, il n'y à rien d’exceptionnel. »
Le manoir de Lébioles trouvera-t-il un nouveau souffle ? Rien n'est moins sur. S’il a refusé notre interview, Gilbert Lodomez se dit fatigué par un climat de tensions persistantes, alors qu’il envisageait d’investir près de 10 millions d’euros pour valoriser et sublimer ce patrimoine qu'il juge d'exception au coeur des Ardennes.