À Eupen, huit moutons ont pris leurs quartiers à l’Ostpark depuis le 14 août. Pendant plusieurs mois, ils vont entretenir naturellement une parcelle de 0,8 hectare. Une expérimentation qui vise aussi à favoriser la biodiversité.
Huit moutons broutent désormais tranquillement l’herbe de l’Ostpark, à Eupen. Arrivés le 14 août, ils participent à une expérience d’écopâturage menée sur une parcelle de 0,8 hectare, composée de prairie et de forêt. L’objectif est simple : utiliser les animaux pour entretenir naturellement cet espace vert, tout en limitant les interventions humaines. "Il y avait le souhait de la commune de tester du pâturage, sur un autre site, et ici aussi", explique Philippe Laschet, chargé de mission en aménagement du territoire et du paysage. Un appel aux agriculteurs avait été lancé au printemps afin de trouver un éleveur disposé à participer à l’expérience.
Favoriser la biodiversité
Au-delà de l’entretien de la végétation, l’écopâturage doit permettre de modifier progressivement les caractéristiques du sol. En broutant les plantes, les moutons contribuent à maintenir un sol moins riche en nutriments. Une particularité qui peut favoriser le développement d’une plus grande diversité végétale et, par conséquent, de nouvelles espèces. Le troupeau devrait rester plusieurs mois sur place. Son propriétaire passera plusieurs fois par semaine pour surveiller les animaux et s’assurer de leur bien-être.
Une race locale et rustique
Les huit moutons ont également été choisis pour leurs caractéristiques. Leur propriétaire, Kevin Laming, privilégie les races rustiques dans le cadre de son activité d’écopâturage. Ici, il a notamment sélectionné des moutons de race de Visé, une race locale particulièrement menacée. "Elle est hypermenacée, donc ça me tient à cœur de la redynamiser un peu", explique-t-il.
Ces animaux rustiques ont également l’avantage de pouvoir se nourrir d’une végétation variée et de nécessiter relativement peu de soins vétérinaires.
Le loup, une menace à ne pas négliger
Si les moutons semblent parfaitement adaptés à leur nouvelle mission, leur présence en extérieur n’est toutefois pas sans risque. Dans la région, le retour du loup est désormais une réalité. Une nouvelle meute a récemment été confirmée dans les bois de la Louveterie et de la Gileppe. Plusieurs attaques sur des troupeaux ont également été recensées depuis le début de l’année dans l’arrondissement de Verviers.
Pour limiter les risques, l’éleveur utilise des clôtures adaptées à la présence potentielle du prédateur. "Les loups peuvent passer par là. C’est problématique, mais je m’équipe de clôtures qui sont censées protéger mes animaux du loup", souligne Kevin Laming. L’éleveur estime toutefois que le loup a lui aussi sa place dans l’écosystème wallon, même si une attaque représenterait une perte importante pour son activité.
Une première expérience à petite échelle
Pour l’instant, l’expérimentation reste limitée à cette parcelle de l’Ostpark. Mais si les résultats sont concluants, l’écopâturage pourrait être étendu à d’autres zones du parc. Une façon, pour la commune, d’entretenir ses espaces verts différemment, tout en laissant davantage de place à la nature et à la biodiversité.
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