À Limbourg, le Centre d'analyse des risques du changement climatique a présenté un rapport sur le niveau de préparation des communes face aux risques climatiques.
Il y a 5 ans, notre région était frappée de plein fouet par les inondations. À Limbourg, 40% de la population avait été impactée, l'hyper-centre était totalement sous eau et la quasi intégralité des bâtiments publics avaient été touchés.
Aujourd'hui, la commune est toujours en train de se reconstruire, en partie grâce aux subsides du gouvernement. Mais dans son rapport d'analyse de préparation des communes face aux risques climatiques, le Centre d'analyse des risques du changement climatique (CERAC) pointe des éléments à encore améliorer. "Il y a encore beaucoup de coordination nécessaire à différents échelons, que ce soit les communes avec leurs voisines, mais aussi avec la Province, la Région Wallonne et même avec le fédéral. Tout le monde doit parler d'une même voix, car on constate aussi qu'il y a parfois des contradictions entre une volonté de la commune de s'adapter d'une certaine manière et le cadre régional donné qui ne correspond pas à cette volonté", analyse Aurore Brunson, experte du CERAC qui a travaillé sur le rapport.
Pas de structure officielle pour le bassin
Cet avis est partagé par la bourgmestre de Limbourg, Valérie Dejardin, qui souhaiterait qu'une structure officielle et apolitique voit le jour pour gérer le réaménagement du bassin versant de la Vesdre, qui comprend 25 communes. "Il y a des avancées, puisqu'il y a une task force ainsi qu'une charte en cours. Mais effectivement, pour nous, il faudrait encore une structure neutre et officielle de pilotage pour mettre en oeuvre ce schéma global, aller chercher les financements et surtout, vérifier que certains projets dans certaines communes ne posent pas des difficultés sur la commune même ou sur les communes du bassin".
Il faudrait une structure neutre et officielle de pilotage pour mettre en oeuvre ce schéma global
Forcément, tout est aussi question de budget, et à l'heure actuelle, la tendance en Belgique est aux économies afin de faire diminuer la dette nationale. Le rapport du CERAC pointe d'ailleurs un manque de financements structurels stables dans la durée pour faire face aux situations climatiques extrêmes. Mais le CERAC constate aussi que s'adapter maintenant coûtera moins cher que de réparer une nouvelle fois.
Un investissement similaire à celui de La Défense
Pour le Ministre du Climat, Jean-Luc Crucke, une solution pourrait être de répéter l'exemple du financement de La Défense. "Il faudrait placer ce sujet au niveau européen. L'Europe nous a autorisé à débudgétiser les investissements militaires, car il y a un risque militaire potentiel pour l'Europe. Pour le climat, il ne s'agit pas d'un risque potentiel, mais réel. Il n'y a pas de surprise par rapport à ce qu'on vit aujourd'hui, tout le monde le sait. Donc j'aimerais que l'Europe puisse faire la même chose pour les investissements liés au climat".
Cela permettrait de ne pas comptabiliser ces investissements dans la dette publique, ouvrant dès lors plus de possibilités de soutien financier. En attendant, Limbourg, elle, continue de se relever. Le cours du Ruyff a été dévié. Quant aux bâtiments, à l'image du Kursaal ou du nouveau pôle administratif, ils ont été façonnés ou refaçonnés avec des matériaux plus résilients.
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