Il sera sur la scène des Francos : rencontre avec Mosimann, un artiste qui savoure chaque instant de son ascension. Entre nouveaux défis, partage avec le public et envie de rester fidèle à lui-même, il se confie sur une carrière en pleine évolution.
On a l’impression que tu as changé de dimension aujourd’hui : les grandes scènes, les concerts à guichets fermés, les Francofolies de Spa… Est-ce que tu prends conscience de cette nouvelle étape dans ta carrière ?
Je préfère ne pas trop me poser cette question. Je préfère éviter de me demander si ça marche mieux qu’avant ou si j’ai changé de niveau. J’ai tellement peur de me réveiller un matin et que tout s’arrête que je préfère me concentrer sur l’instant présent. Aujourd’hui, je suis en Belgique, je suis en tournée, et ce sont des moments qui passent très vite. Je veux surtout garder en tête ces souvenirs, me dire que ce sont des moments mémorables qui resteront gravés dans mon cœur. C’est ça que je veux retenir.
Tu vois quand même que quelque chose a évolué ?
Oui, je vois que mon agenda est plus rempli que les années précédentes. Je vois qu’il y a davantage de monde. Mais ce que je ressens surtout, c’est deux fois plus de bonheur.
Qu’est-ce qui te procure le plus de bonheur dans tout ce qui t’arrive aujourd’hui ?
Je crois que c’est le contact avec les gens. Être sur scène, partager, avoir cette relation privilégiée avec le public. Finalement, rien n’a changé pour moi. Il y a simplement plus de monde et donc plus de bonheur, mais je suis toujours resté le même.
Avec cette montée en puissance, est-ce que tu ressens davantage de pression ou d’exigence de la part du public ?
Je ne sais pas si les gens sont plus exigeants envers moi. En revanche, l’exigence que j’ai toujours eue envers moi-même et envers le public n’a jamais changé. J’ai toujours voulu faire les choses du mieux possible et proposer quelque chose qui soit à la hauteur des attentes.
Qu’est-ce qui fait plaisir au public aujourd’hui ?
C’est une bonne question, mais je pense que c’est l’authenticité. Il ne faut pas mentir. À un moment donné, le public le ressent. L’objectif, c’est d’arriver à ce moment où l’artiste et le public sont complètement alignés. C’est ce que je ressens aujourd’hui : cette connexion, ce partage.
Est-ce qu’il t’est déjà arrivé de sentir que tu n’étais plus totalement authentique dans ta carrière ?
Oui, ça m’est arrivé très jeune, quelques années après la Star Academy. J’avais le sentiment de ne pas prendre la bonne direction. J’ai tout arrêté, je suis parti vers un autre registre et aujourd’hui je sais que j’ai fait le bon choix.
Chanteur, producteur… Qu’est-ce que tu n’es pas ?
Je ne suis pas beaucoup de choses ! Je suis notamment très mauvais en organisation. Par contre, je suis extrêmement ponctuel et très impatient : je ne supporte pas que les gens soient en retard. J’ai des défauts comme tout le monde. Toute ma vie tourne autour de la musique, donc parfois j’oublie certaines choses du quotidien. Ma mère peut m’appeler en me disant qu’elle n’a pas eu de nouvelles depuis plusieurs jours… Mais je préfère qu’on reste concentrés sur la musique, c’est ce que je sais faire et ce que j’aime faire.
Artistiquement parlant, qu’est-ce que tu ne feras jamais ?
Me trahir. Je pense qu’il ne faut absolument pas se trahir en tant qu’artiste. Il ne faut pas se mentir à soi-même. Il faut pouvoir se regarder dans un miroir et continuer à avancer.
Parlons du phénomène Dream Track. Comment est né ce concept ?
C’est venu d’une envie de partager davantage avec les gens, avec mes amis, et d’être aussi plus présent sur les réseaux sociaux. Je cherchais un concept qui corresponde vraiment à ce que j’aime : la musique, les rencontres et le fait de créer quelque chose ensemble. Dream Track est né comme ça : l’envie de vivre une expérience différente, de relever un défi, tout en restant soi-même.
Est-ce que ce concept te permet justement de rester toi-même ?
J’essaie en tout cas. Ce n’est pas toujours simple parce que cela dépend aussi des invités que je reçois. Certains défis sont vraiment compliqués, mais je prends toujours du plaisir. Et si je n’en prenais plus, j’arrêterais immédiatement.
On imagine que Dream Track se fait rapidement, mais est-ce vraiment le cas ?
Pas du tout ! Ce qui est fou, c’est que les gens pensent que c’est simple et rapide. J’ai presque réussi à leur faire croire ça, mais en réalité, il faut parfois deux ou trois jours pour réaliser un Dream Track. C’est beaucoup plus de travail qu’il n’y paraît.
Les Francofolies de Spa, nous y sommes. Quelle place occupe ce festival dans ton histoire ?
Les Francofolies de Spa représentent un souvenir exceptionnel. Comme beaucoup d’artistes en Belgique, j’ai eu la chance d’y évoluer étape par étape. J’ai commencé dans les jardins avec un set électro, puis j’ai fait la scène Proximus, la scène Pierre Rapsat…Et cette année, c’est particulier puisque je vais clôturer la scène Pierre Rapsat. C’est un moment que j’attends énormément. Je suis vraiment impatient.
Tu sais qu’une clôture aux Francos implique normalement une heure de fin…
Oui, mais on est en Belgique ! Les heures de fin, on ne les respecte pas toujours trop… On préfère les heures de soif aux heures de fin ! (rires)
Qu’est-ce que tu promets au public cette année à Spa ?
Ceux qui m’ont déjà vu vont découvrir quelque chose de différent. C’est un nouveau show, un nouveau spectacle, un nouveau décor. Beaucoup de choses ont changé et il y aura énormément de surprises. Je préfère m’arrêter là pour ne pas tout dévoiler.
Les organisateurs savent que tu arrives avec une grosse production…
Oui, je viens avec deux semi-remorques ! Il faudra donc prévoir un peu de place. Mais c’est aussi ce qui est excitant : pouvoir proposer quelque chose de grand.
As-tu un souvenir particulier des Francofolies de Spa par rapport aux autres festivals ?
Oui, parce que c’est un festival qui m’a vraiment vu grandir. Cela fait quinze ans que je joue à Spa. Chaque année, on se disait : « Cette fois, c’est bon, on le fait », puis parfois on faisait une pause. Cela faisait deux ou trois ans que je n’étais plus revenu, donc revenir aujourd’hui est un immense plaisir. Je suis le plus heureux du monde.
Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?
Continuer à rêver. Tant qu’à être en Belgique, le Palais 12 ! Autant viser encore plus haut. Il faut continuer à se donner des objectifs.
Artistiquement, quel rêve aimerais-tu encore réaliser ?
J’aimerais déjà faire un très bel album qui plaise aux gens. Et puis réaliser des rêves. Cette année, c’est un peu l’année de tous les rêves. On a le droit de rêver, alors je vais rêver : pourquoi pas écrire des chansons pour Céline Dion ? Ce serait un rêve d’enfant.
Sur le même sujet
Recommandations
Le Kursaal va reprendre vie dès ce week-end : visite en avant-première
Béatrice Pottier : « En 20 ans, le public du Jazz à Verviers Music Festival s’est considérablement élargi »
Faire vivre la culture gratuitement : le défi du Festival Vibrations
Alain Llorca : " J'espère venir présenter le nouvel abum de Gold à Malmedy ! "
Festival de Stavelot : une 69e édition placée sous le signe du voyage et de l'ouverture
La musique de "La Fille dans les Nuages" enregistrée à Malmedy