Avec son premier album Plastique, Camille Yembe s'impose comme l'une des nouvelles voix les plus singulières de la scène francophone. Derrière son succès, la jeune artiste revendique une écriture profondément ancrée dans le réel, loin des clichés.
Ton premier album est sorti il y a peu et tout s'accélère. Comment vas-tu ?
« Franchement, je vais bien. Il y a eu un gros rush avec la sortie de l'album, mais ce ne sont que des bénédictions. J'ai toujours rêvé d'être à ce stade de ma vie. Aujourd'hui, je suis littéralement en train de réaliser mon rêve. C'est une sensation très particulière. »
Tu fais partie de celles qui pensent qu'il faut croire en ses rêves ?
« Toujours. Il faut croire en ses rêves, avoir de l'ambition. Et surtout, rêver, c'est gratuit. C'est accessible à tout le monde. Moi, j'ai rêvé très fort, très longtemps. Puis, à un moment, grâce au travail et aussi à quelques heureux hasards, ce que tu imaginais finit par arriver. C'est une immense satisfaction. »
Le métier d'artiste est-il conforme à ce que tu imaginais ?
« Pas complètement. Quand on rêve d'être chanteuse, on imagine surtout la scène. Mais il y a toute la création d'un album, puis tout ce qui vient autour. Il faut aussi réussir à faire entendre sa musique. Ça paraît simple de sortir une chanson, mais en réalité, il faut la défendre, la faire vivre, la faire écouter. Il y a énormément de travail en dehors de la scène, mais je trouve ça tout aussi passionnant. »
Dans ton album, tu racontes une jeunesse parfois cabossée. Pourquoi était-ce important pour toi d'aborder ces sujets ?
« Je n'avais pas forcément envie de raconter que ça n'a pas toujours été simple, mais j'avais envie de raconter une histoire vraie : la mienne. Et je pense que ce n'est pas seulement mon histoire. C'est celle de beaucoup de jeunes. On imagine souvent la jeunesse comme quelque chose de léger, d'insouciant et de fougueux. Pourtant, certaines jeunesses sont plus rudes, plus compliquées, plus cabossées. Je trouve important que ces réalités trouvent aussi leur place dans des chansons pop. »
Quel message aimerais-tu transmettre aux jeunes qui t'écoutent aujourd'hui ?
« J'aimerais leur dire de préserver leur insouciance le plus longtemps possible. C'est elle qui nous permet d'avoir de grands rêves, d'aller plus loin que les adultes parfois. Quand on la perd, on devient plus raisonnable… et ce n'est pas toujours une bonne chose. »
Toi, tu as le sentiment d'avoir perdu cette insouciance ?
« Oui, assez tôt. J'ai gardé une âme d'enfant, ça oui. Mais l'insouciance, je crois que je l'ai perdue jeune. À 16 ans, je ne l'avais déjà plus vraiment. C'est pour ça que je sais à quel point c'est précieux. Parfois, il faut simplement vivre sans tout analyser. »
Qu'est-ce qui nourrit ton écriture aujourd'hui ?
« Le banal. Les petits détails du quotidien, les angles morts de la vie, toutes ces choses qu'on ne nomme pas forcément. Je suis très attachée au vrai. J'observe énormément ce qui m'entoure. Pour le prochain projet, je ne sais pas encore ce que je raconterai. J'ai déjà beaucoup livré dans ce premier album. Je préfère me laisser porter. »
Comment vis-tu l'accueil réservé à ce premier album ?
« Très bien. Déjà, je suis extrêmement fière d'avoir sorti ce disque. Qu'il rencontre le succès ou non, cette fierté serait la même parce que je l'ai fait. Évidemment, voir qu'il trouve son public, c'est merveilleux. Mais ce sentiment d'accomplissement existe avant même les chiffres. »
On imagine que tu penses déjà au prochain album…
(Elle sourit.) « C'est drôle parce qu'on vient à peine de sortir celui-ci et on me parle déjà du suivant. Pourtant, j'ai envie de prendre le temps. Cet album comporte quinze titres. J'ai envie de le défendre comme il le mérite, sur scène, auprès du public, sans être aspirée par cette course permanente à "la suite". »
Et justement, cette aventure continue cet été avec les Francofolies de Spa…
« Oui ! Je connais évidemment le nom des Francofolies, mais je n'y suis jamais allée. Ce sera une première pour moi… en tant qu'artiste. Et je trouve ça fou. Les festivals, je les ai découverts seulement l'année dernière. Avant, je n'y allais même pas parce que ça représentait un budget. Alors le fait de découvrir aujourd'hui ces lieux grâce à ma musique, c'est une très belle revanche. »
Camille Yembe sur une scène de festival, ça ressemble à quoi ?
« À beaucoup d'énergie ! Je suis quelqu'un d'assez agité. Mais surtout, j'essaie d'être totalement présente. Mon objectif, c'est de vivre pleinement l'instant avec le public. Si j'oublie une parole, ce n'est pas grave. Ce qui compte, c'est la connexion. »
Rendez-vous le 26 juillet aux Francofolies de Spa pour découvrir Camille Yembe en live.
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